Pourquoi les monarques sont-ils si importants?
Le monarque est un pollinisateur essentiel. En se nourrissant du nectar des fleurs, les papillons adultes transportent le pollen d’une fleur à l’autre, favorisant ainsi la fécondation des plantes. Celles-ci peuvent alors produire des fruits et des graines.
Sans les pollinisateurs, de nombreuses espèces végétales, y compris plusieurs plantes cultivées, ne pourraient se reproduire adéquatement. La protection du monarque et de son habitat contribue donc au maintien de la biodiversité, à la santé des écosystèmes et, plus largement, au bon fonctionnement des milieux naturels.
Près de 35% de la production agricole mondiale dépend des pollinisateurs et la protection des abeilles et des autres pollinisateurs contribue à assurer la sécurité alimentaire mondiale.
Reconnaissant l’importance des monarques, le gouvernement du Canada les a inscrits sur la liste des espèces en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), en décembre 2023. Sur les terres fédérales, il est désormais interdit de tuer, blesser, harceler ou capturer un monarque. Cette protection s’applique à tous les stades de son cycle de vie : œuf, chenille, chrysalide ou adulte, qu’il soit vivant ou mort.
Le gouvernement du Canada recommande également de ne pas éliminer les asclépiades dans les jardins, les cours ou les terres agricoles marginales. Il est tout aussi important de maintenir des populations d’asclépiades indigènes, puisque leur disparition réduit directement l’habitat disponible pour le monarque. Les citoyens et les municipalités peuvent aussi favoriser la régénération naturelle de certains espaces en réduisant la fréquence des tontes ou en les effectuant à des périodes mieux adaptées à la faune, créant ainsi des milieux favorables aux monarques et à l’ensemble des pollinisateurs.
Or, l’an dernier, de la machinerie lourde a écrasé des plants d’asclépiade sur un terrain écologiquement sensible adjacent au lac des Battures et au Boisé Saint-Paul (lot 1 860 669). Aucun élu de l’administration Mauger ne semblait être au courant de la situation. Comment expliquer que les services de la Ville de Montréal et de l’arrondissement de Verdun n’aient pas tiré la sonnette d’alarme avant d’autoriser les camions à raser une partie du terrain afin d’y installer la membrane destinée à empêcher le retour des couleuvres brunes sur le site de la future pumptrack, une fois leur relocalisation complétée ?
Pourtant, la Ville de Montréal affiche son engagement envers la protection du monarque en participant à Mission monarque, une initiative internationale de recherche et d’éducation visant à assurer la sauvegarde des populations migratrices de cette espèce menacée.
Certes, la protection du monarque ne constitue pas, à l’heure actuelle, une obligation réglementaire pour l’arrondissement de Verdun.
Cependant, Verdun met constamment de l’avant son engagement environnemental sous la bannière « Verdun, respectueux de la nature ».
L’impact d’une pumptrack sur le monarque ne devrait donc pas être minimisé. Lors du dernier conseil d’arrondissement, la mairesse Beauregard a affirmé que la plantation de nouveaux plants d’asclépiade permettrait de compenser les pertes. Or, l’asclépiade est la seule plante sur laquelle le monarque pond ses œufs, et un habitat ne se recrée pas simplement en replantant quelques spécimens. Le déboisement, le nivellement du terrain et le passage répété des vélos entraîneront une dégradation durable de cet habitat. De plus, le bruit, les vibrations, la poussière et l’augmentation de l’activité humaine risquent de perturber le cycle de reproduction de cette espèce déjà vulnérable.
La question mérite donc d’être posée: Monarques ou pumptrack ?
Les Amis du Domaine Saint-Paul
avec la collaboration de Sylvie Dufresne